Friday, November 10, 2006

L'empereur Akira Kurosawa


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Akira Kurosawa surnommé l’homme du vent ou l’empereur, est né un 23 mars 1910 à Omori, quartier de Tokyo, benjamin d'une famille qui combine traditionalisme et idées les plus modernes. Une famille de huit enfants : quatre frères et quatre soeurs. Son père Isamu, issu d'une longue lignée de samouraïs (était un ancien militaire avant d’occuper la poste d’un directeur d'une université), donne à ses enfants une éducation stricte.
L'enfance de Kurosawa est marquée par plusieurs drames, la mort de sa sœur, le tremblement de terre du Kantō de 1923 puis le suicide de son frère.
Petit, Akira Kurosawa est loin d'être un brillant élève, mais un de ses professeurs saura développer une passion et un talent précoce chez lui : la peinture (ce qui explique sûrement l'aspect souvent très pictural des films de Kurosawa, qui effectuera lui-même les story-boards de ses films.) Il se passionne encor pour la peinture sous l'influence de ce professeur. Akira Kurosawa se destine alors à la peinture.
Son père, fervent admirateur de cinéma, va lui faire découvrir cet art, mais c'est son frère, Heigo, qui va lui permettre de se forger une immense culture cinématographique. Celui-ci est en effet « benshi » (commentateur de films muets) et va faire entrer le jeune Akira dans les salles où il travaille. A l’age de 18 ans, il choisit de ne pas entrer à l'Ecole des Beaux-Arts, par refus de l'académisme. C'est l'époque des «années d'université libre», qu'il passe à lire, aller au cinéma… En 1929, il s'inscrit à la Ligue des artistes prolétaires, puis s'engage dans des actions plus militantes, souvent à la limite de la légalité. Au bout de deux ans, son «accès de gauchisme» prend fin, Akira étant peu convaincu par ces combats.
Il continue ses études en peinture et gagne sa vie en illustrant des romans d'amour et des livres de cuisine, mais ne parvient pas à acquérir cette « vision personnelle des choses » indispensable à l'artiste-peintre.
En 1935, il voit une annonce dans la presse : des studios de cinéma sont à la recherche d'assistants réalisateurs. Après un entretien, il fut recruté aux studios Photo Chemical Laboratory (PCL) en tant que troisième sous-directeur à "Shojohanazono" de Shigeo Yano, et «Enoken no Senmanchoja I & II » de Kajiro Yamamoto à "no Senmanchoja I et II" et"Tokyo Rhapsody" de Osamu Fushimizu.
1937 il travaille en tant que troisième sous-directeur au "Sengoku Guntou Den I & II " de Hidesuke Takizawa, "Nadare" de Mikio Naruse et Ryonin de Kajiro Yamamoto "Ryonin no Teisou I et II", "Nihon Josei Dokuhon I" et "Enoken no Chatkiri-Kinta I&II". En septembre de la même année, PCL et trois autres compagnies ont été combinés par Toho. Il s'est joint en tant que sous-directeur en chef au "Utsukushiki Taka" de Kajiro Yamamoto.
1938 Akira collabore avec Hidesuke Takizawa en occupant la poste de sous-directeur en chef à "Chinetsu», avec Kajiro Yamamoto dans "Tojuro no koi", "Tsuzurikata Kyoushitsu" et "Enoken no Bikkuri Jinsei".
1939-1940 Akira continue avec son maître Kajiro Yamamoto toujours entant que sous-directeur en chef dans "Enoken no Gatchiri Jidai", "Chushingura", "Nonki Yokocho" "Uma"
" Roppa no Shinkonryokou", "Enoken no Zangiri Kinta" et "Songoku I&II". Il a écrit également le scénario "Mizuno Jurozaemon".
Dans les studios Photo Chemical Laboratory (PCL), auprès de Kajiro Yamamoto et beaucoup d’autres, Akira apprend le cinéma, le fonctionnement d’un plateau, la manière de gérer les individualités. En réalité le réalisateur, qui a travaillé comme commentateur de films muets avait pu connaître les oeuvres plus intéressantes des maîtres européens et américains contribuent à la création d'un cinéma épico et prive de rhétorique, et donc classique et innovatrice au même temps…
Kurosawa se sépare de son maître en 1941, et propose ses scénarios à des producteurs, qui les acceptent, mais les font réaliser par d'autres. Il se heurte de plus à la censure qui cherche désespérément à déceler et à interdire tout ce qui, de près ou de loin, à l'air «anglo-américain». Pour déjouer la censure, il choisit d'adapter un livre paru en 1943, une biographie de Sugata Sanshiro, champion de judo de la fin du XIX° siècle. Ce sujet semble en effet à même de passer à travers les mailles des censeurs et de plaire au public par son optimisme (le judo est une gloire nationale). Si le film subit quand même des coupes (voir la fiche de La légende du grand judo) « Sugata Sanshiro », c'est un énorme succès au Japon. La TOHO (maison de production) demande au jeune réalisateur une suite. C'est le début d'une carrière qui n'était pas prête de s'arrêter. Très vite, il se démarque des productions habituelles pour des oeuvres empreintes d'un humanisme sincère et par un rejet du cinéma contemplatif prisé par ses compatriotes. Au contraire, il privilégie des personnages complexes embarqués dans des histoires aux ressorts dramatiques intemporels. Sa mise en scène d'une grande inventivité visuelle caractérisée par une précision d'orfèvre se met totalement aux services de l'histoire Mai 1945, reste une date inoubliable pour Akira dont il a vécu deux évènements de grandes importance : la sortie de son deuxième long métrage « Sanshiro Sugata II», et son mariage de Kayo Kato (Yoko Yaguchi qui était l’actrice principale dans "la plus belle"). Décembre de la même année, Akira Kurosawa a eu un fils mais il y eu également une déception quant GHQ interdit la sortie de son film "les hommes qui marchent sur la queue de tigres". Parallèlement à ses réalisations individuelles, Akira dirige, en 1946, avec son maître Kajiro Yamamoto et Hideo Sekikawa "Asu wo Tsukuru Hitobito" mais il a enlevé ce film de sa filmographie parce qu'il a dû changer beaucoup de scènes… ; Octobre 1946 son "aucun regret pour notre jeunesse" a été réalisé. 1947, l’empereur dirige"un dimanche merveilleux". Le 8 février 1948, son père est mort. Deux mois plus tard "l'ange ivre" fut réalisé, c'est d'ailleurs dans ce film que débute un duo qui va durer 17 ans entre un réalisateur et son acteur fétiche : Toshiro Mifune. La filmographie s’élargis plus encor avec ces deux films réalisés en 1949 "le duel Tranquille" et "chien enragé " un nouveau chef-d’œuvre de l’empereur.
En 1950, le grand Akira Kurosawa réalise deux films ; le premier est intitulé 'Scandale' qui resta longtemps méconnu et invisible et ne fut redécouvert qu'après la mort du cinéaste. Le deuxième est 'Rashomon' considéré parmi les plus grands films de l’histoire, il obtient le Lion d'Or à Venise en 1951, alors que son réalisateur ne savait même pas que son film y était présenté, et que les producteurs s'y étaient opposés. Le film enchaîne quelques mois plus tard par l'Oscar du meilleur film étranger. A travers Rashomon, l'occident découvre non seulement Kurosawa, mais le cinéma japonais tout court. Akira ne s’arrête pas là ; il réalise "l'idiot" adaptation de l’œuvre de Dostoïevski, qui fut un autre succès. " Les hommes qui marchent sur la queue de tigres" est finalement libéré. Akira triomphe encor avec son film 'Ikiru' qui a gagné l’Ours d’argent du meilleur film à la Berlinale, le succès international de 'Les Sept samouraïs' en 1954 vient encore renforcer le prestige du réalisateur à l'étranger, avec lequel il gagne le lion d’argent dans le prestigieux festival La Mostra de Venise (qui fera l'objet d'un remake beaucoup moins puissant, « Les sept mercenaires », de John Sturges). 1957 fut l’année du «trône du sang" et "les profondeurs inférieures" et également l’année ou il a été invité au 1er festival de film de Londres. Il continue à réaliser des films (« la Forteresse cachée », « Le mauvais puits de sommeil ») ce que lui encourage d’établir sa propre production, il réalise une autre référence cinématographique intitulé Yojimbo (qui sera repris par Sergio Leone dans « Pour une poignée de dollars »).
« Haut et bas » fut le dernier film d’une période décorée par les succès, le réalisateur souhaite alors se tourner vers le cinéma américain, mais tous ses projets échouent (parmi lesquelles le projet «Tora Tora Tora ! ») Et l'échec commercial cinglant de Dodes'Kaden (son premier film en couleurs) qui résulte la faillite de sa société de production en 1970 entraînent le réalisateur dans une profonde dépression qui l'amènera jusqu'à la tentative de suicide, heureusement manqué.
Comme il a désormais des difficultés à produire ses films au Japon, Dersou Ouzala est financé par une société d'URSS et lui permet de renouer avec le succès grâce à l'Oscar du meilleur film étranger.
Par la suite,il peut alors compter sur ses nombreux admirateurs étrangers : Francis Ford Coppola et George Lucas pour Kagemusha, l'ombre du guerrier en 1980, le producteur français Serge Silberman pour Ran en 1985 et Steven Spielberg pour Rêves en 1990. En 1991, la sortie de son avant dernier film « La Rhapsodie en août », il tourne en 1993, Madadayo, une dernière oeuvre, véritable hymne au bonheur et hommage pudique et profondément sincère de l'élève Kurosawa à tous ses maîtres : son père, son frère, Yamamoto...
Akira Kurosawa s'éteint à l'âge de 88 ans, le 6 septembre 1998, à Tokyo.

Monday, October 09, 2006

Il Professore Federico Fellini

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Federico Fellini, Surnommé FeFe naît à Rimini le 20 Janvier 1920, issu de « il piccolo-borghese » la petite bourgeoisie italienne. Il poursuit une scolarité sans histoire et une enfance ordinaire dans une petite ville balnéaire tranquille dans un contexte national fasciste. Les souvenirs de cette époque, nous les revisitons dans des films tel que Fellini Roma de 1972, Amarcord de 1973.Encor Petit, il montre une aptitude inventive des histoires et des personnages, « dessiner » est un autre mode pour donner forme à ses fantaisies alimentées d'une curiosité irrésistible. Il continue ses études au Lycée situé dans le Grand Hôtel de Rimini. Cet hôtel abrite aussi le grand Cinéma Fulgor. Entre 7 et 10 ans Federico se sauve de la maison et se joint au cirque du clown Pierino. Il a la fonction de s’occuper d’un zèbre malade, dont il va plus tard embellir cette aventure que nous retrouvons en début du film I Clowns de 1970 Il devient obsédé des bandes dessinées, de ceux de la glorieuse période des ans Trente : Happy Holligan, Archibald et Pétronille, Félix the Cat, Bibi et Bibò, publiés sur le "Courrier des Petits". Il porte aussi un intérêt tout particulier pour l’occulte, le fantomatique, l’aventure mythologique, la science fiction et la psychanalyse.
Il fréquente le lycée classique de la ville et commence à faire les premiers gains comme caricaturiste, en réalisant retraites d'acteurs célèbres pour le gérant du cinéma Fulgor. En 1935-1936, la guerre d’Ethiopie éclate sous le régime fasciste établi depuis 1922. Fellini est en classe de quatrième lorsqu’il voit partir certains de ses camarades plus âgés au combat. Il réalise une série de caricatures des Balilla dans le camp de Verucchio, petite ville de montagne, non loin de Rimini. C’est ainsi qu’il débute comme dessinateur. Eté de 1937, il fonde une société avec le peintre Demos Bonini, la boutique "Febo" (Fellini- Bonini), où il exécute de la caricature. 1938, passés les examens de maturité, publie quelques vignettes sur "La Domenica del Corriere".Il collabore à la hebdomadaire politicien- satirico Fiorentino "420" de l’éditeur Nerbini, avec des brefs récits, rubrique et dessines, signés avec le pseudonyme Fellas. 1939, il se transfère à Rome avec sa mère et sa soeur, qui un an après tourneront à Rimini, où sont restés son père et son frère. Federico Fellini, le jeune ambitieux, s'inscrit dans la faculté de Jurisprudence, mais il ne terminera pas les études et il ne prendra pas la licence. Il commence à collaborer avec le Marc'Aurelio, bihebdomadaire humoriste et satirico- politique de grand passé des « editore Rizzoli », en publiant des récits à des épisodes, rubrique en série, Ma tu mi stai a sentire?, Luci della città, Seconda Liceo, Primo Amore. . Là il y il a déjà tout son monde : l'école, le casino, « le vitellonismo », la rêverie, dans un style ironique et sentimentale. La collaboration avec le "Marc'Aurelio" durera jusqu'à la fin de 1942. . Depuis les premiers temps du séjour romain, il fréquente le monde du spectacle de variété et de la radio. Il entame à travailler comme "gagman", en écrivant battues de quelques films interprétés d'Erminio Macario, entre lesquels : Lo vedi come sei...lo vedi come sei?! (1939), Non me lo dire (1940), Il pirata sono io (1940). À travers l'ami Ruggero Maccari, il connaît le comique Aldo Fabrizi pour lequel il commence à composer sketch radiotéléphoniques et testes pour des spectacles de variété et de films. 1942 il connaît Giulia Masina, jeune actrice du théâtre de prosa qui fait même une partie de la compagnie du théâtre comique- musical de EIAR et qui interprète le personnage de Bille dans la transmission Terziglio des aventures des époux Cicco et Pallina écrites de Fellini. Ils se rencontrent, se tombent amoureux, le 30 octobre du même an ils s’épousent dans une cérémonie privée avec peu invités dans l'appartement du voisin. Lors de l’occupation allemande, de septembre 1943 à juin 1944, les temps se font très durs. Il collabore à deux autres films de Aldo Fabrizi, Campo dei fiori mis en scène par Mario Bonnard et L’Ultima Carrozzella mis en scène par Mario Mattoni. Durant l’été 1944, Fellini a eu un fils qui ne vivra que quelques semaines. Il est employé par l’Alleanza cinematografica italiana (ACI) ( là il connaît Roberto Rossellini) maison de production de Vittorio Mussolini, un des fils du dictateur, pour lequel, il a tourné en Libye, durant l’hiver 1942-1943, une partie du film Gli ultimi tuareg dont il a écrit le scénario. Le film a été suspendu par la grande nouvelle du débarquement allié. Rome est libérée le 4 juin 1944 . La chute du fascisme interrompt pour un temps son travail cinématographique. Après la libération de Rome par les troupes américaines, il ouvre avec d’autres compagnons du Marc Aurélio, dont Enrico De Seta, un négoce, une sorte d’échoppe, le funny face shop, où il dessine des caricatures et des portraits de soldats alliés avec des gains considérables. Un an après, Fellini signe le scénario de Rome ville ouverte (1945) de Roberto Rossellini, avec lequel il collaborera même au scénario et à la réalisation de Paisà (1946). Mais son entrée dans la profession se réalise par un scénario collectif avec Piero Tellini pour Document Z3 dirigé par Guarini. Toujours avec Piero Tellini et Cesare Zavattini, il écrit Avanti c’é posto et d’autres films comme Il delitto di Giovanni Episcopo, Senza Pietà, Il mulino del Po de Lattuada, Le passeur de Coletti, Il nome della legge, Il Camino de la speranza, Il Brigante di Tacca et La Città si difende de Germi, et Les volets fermés de Puccini produit par Luigi Rovere qui lui fait réaliser plus tard Lo Seicco bianco. Il participe aussi à l’écriture d’autres réalisations pour Rosselini comme Paisà de 1946, Amore de 1948, film en deux parties. Rossellini ayant fait la connaissance de Jean Cocteau, réalise une première partie avec Anna Magnani, La Vocce umana (La voix humaine) et un deuxième sketch, Il Miracolo dell’amore ( Le Miracle de l’amour) dans lequel Federico Fellini interprète un Saint Joseph séducteur. Mais c’est en observant Rossellini au travail pendant le tournage de Paisa que Fellini se décide à devenir réalisateur. Tout en restant un ami fidèle à Roberto Rossellini, Federico Fellini collabore avec d’autres réalisateurs. Il travaille sur deux autres films de Rossellini, Francesco, giullare di Dio (les Onze fioretti de Saint François d’Assise) de 1950 et Europa 51 (Europe 51) de 1951.A partir des années cinquante, Federico Fellini installe ses bureaux à Rome Il va habiter Fregene qui lui inspire Giulietta degli spiriti. . C’est en 1950 que Federico Fellini fait ses débuts en co-réalisant avec Alberto Lattuada I Luci del varietà, dans laquelle il révèle déjà l'inspiration autobiographique et de l'intéresse pour certains milieux comme celui du spectacle de variété. En 1952, il réalise en solo Lo seicco bianco sur un sujet conçu par Michelangelo Antonioni, pour la première fois il coule son regard ironique et participe à l'intérieur du monde piccolo-borghese . Il travaille aussi pour la première fois avec le compositeur Nino Rota qui devient son musicien attitré jusqu’à sa mort en 1979. Tullio Pinelli et Ennio Flaiano complètent l’équipe fellinienne en tant que scénaristes jusqu’au milieu des années soixante. . En 1953 il participe même à un projet, mis sur pied par Zavattini : un film à des épisodes intitulé l'amore en ville. Fellini dirige l'épisode Agence matrimoniale. 1954 il tourne « La strada », un de ses films plus tendres et poétique, son premier film de très vaste résonance internationale qui recevra au-delà de cinquante prix, il reçoit le premier Oscar. 1955 il dirige « Il bidone ». Le deuxième oscar arrive en 1957 avec Le notti di Cabiria, un grand succès international pour la Masina, Entre les écrivains du film figure Pier Paolo Pasolini.En 1960 il tourne « la dolce vita », dans lequel il aiguise l'intéresse pour un cinéma pas délégué aux structures traditionnelles narratives. À sa sortie, le film créa scandale, mais il réussit à s'adjuger le Palmier d'or au Festival de Cannes. Ce film fut même l'occasion de rencontre avec Marcello Mastroianni. 1961, présente Anita Ekberg dans « Le tentazioni del dottor Antonio », épisode di Boccaccio '70, une brève partie anti- censurent du film collectif Boccaccio '70. Entre les scénaristes figurent l'écrivain Goffredo Parise. 1962 Dirige 8 ½, sa sortie fut en 1963 (8 ½ le nombre des films tournés, alors, du réalisateur). Encor 1963, Il y eu son premier voyage dans l'Union soviétique, pour accompagner son film 8 1/2 au Festival de Moscou; le film, après des discussions et des démissions dans la jury dus aux résistances des soviétiques, vainc à l'unanimité le Grand Prix ; C’était la dernière fois qu’un film de Fellini participe dans un concours dans une manifestation cinématographique en suite ses oeuvres figureront toujours hors concours. 1964 vainc le troisième oscar pour le meilleur film étranger et un oscar pour son costumier Piero Gherardi, qui en avait déjà obtenu un pour « La dolce vita ». De 8 1/2 il dérivera un musical mis en scène à New York en 1982.

L'univers onirique introduit dans 8 1/2 revient en forme explicite dans tous les films jusqu'à la fin des ans soixante. 1965, Fellini dirige « Giulietta degli spiriti », qui fut son premier long métrage en couleur. Il participa également à New York au lancement américain de ce film, comprenant une fête dans la maison de Jaqueline Kennedy. Il écrit le sujet du voyage de G. Mastorna, inspiré de la mort de son amis psychanalyste Ernest Bernhard ; un film qui ne tournera pas vu les obstacles qu’il les a trouvé (désaccords avec les producteurs, indisponibilité d'acteurs, poursuites judiciaires….) mais qui sera réalisé en bandes dessinées après plus d’un quart de siècle par Milo Manara, il connaît l’écrivain Dino Buzzati dont il demande et obtient sa collaboration pour le scénario de « Il viaggio di G. Mastorna ». Il est frappé d'un collapsus le 10 avril 1967 et hospitalisé pour plus d'un mois, diagnostiquée ensuite comme "syndrome de sanarelli- Schwarzmann", pour la plupart des observateurs, c’était seulement une maladie diplomatique pour éviter de tourner le voyage de G. Mastorna. L’an suivant, il dirige « Block-notes di un regista » (1968-69), un spécial télévisé d’une pour le réseaux télévisé américain NBC. 1970, il collabore encor avec la télévision en réalisant I clown pour la RAI. 1971, Fellini dirige « Roma » : Un portrait impressionniste de Rome par les yeux d'un de ses citoyens plus célèbres. Mélangeant l'autobiographie (une reconstruction de la propre arrivée de Fellini à Rome pendant les années de Mussolini ; un voyage à un bordel et à un music-hall) avec des scènes de la vie romaine actuelle (1970) (un embouteillage massif sur l'autostrade ; un voyage rauque par Rome après l'obscurité ; une équipe archéologique par l'emplacement des souterrains de Rome ; une exposition ecclésiastique inoubliable de mode). 1972-73 Fellini Dirige « Amarcord », dans cette oeuvre empreinte de mélancolie et de lyrisme, Fellini dresse une galerie des personnages qui ont marqué son enfance. 1974 vainc le quatrième Oscar pour Amarcord, le meilleur film en langue pas anglaise.

Par la suite, il laisse à nouveau la place au cynisme avec Il Casanova di Fellini (1976) il aura un grand succès qu’au Japon, dans lequel il démystifie le séducteur légendaire. « La città delle donne » (1979), explore l'univers féminin entre réalité et onirisme. Les deux films se répondent avec un certain pessimisme quant aux relations entre hommes et femmes. Fellini transfigure sa vision tragique de la vie et des relations humaines par les symboles, le merveilleux et la poésie. 1978, Fellini dirige « Prova d'orchestra », Le film a une avant-première politicien- institutionnelle dans le Palais des Quirinale à Rome, avec les présidents de la République, de Conseil d’Etat et de la Chambre des Députés entre les spectateurs ; il suscite beaucoup de discussions et interprétation politiques. Ginger e Fred(1985), 20 ans après « Giulietta degli Spiriti », Giulietta Masina retourne à être la protagoniste d’un film dirigé par son marie : La sortie officielle de Ginger et de Fred se produit à Paris : il est l'unique film de Fellini qui débute hors d'Italie, il reçoit le Lion d'Or à la carrière à Mostra du Cinéma de Venise. Ginger e Fred (1985) et Intervista (1987) dressent le portrait pathétique de stars inspirées de Fred Astaire et Ginger Rogers. Avec ces deux films, le cinéaste approfondit le thème du temps qui passe et de la décrépitude. Ginger e Fred lui permet aussi de brosser une satire de la télévision et de la star system. Dans Intervista , il évoque l'âge d'or des légendaires studios Cinecittà, auquel il a largement contribué. 1986-87 Publie « Viaggio a Tulum » sur le quotidien Courrier du soir. 1988, Publie un livre qui s’intitule « Un regista a Cinecittà », livre dédié à son rapport avec les études cinématographiques du cinquantenaire où il a réalisé presque tous ses films.

1989 dirige son dernier film « La voce della luna ». 1990-91 accomplit soixante-dix ans : l'anniversaire est fêté du monde du cinéma international, des amis et des admirateurs, des media, avec élan vaste et affectueux. Il se bat pour la première fois publiquement et passionnément ensemble avec autres cinéastes Italiens, sans succès, pour empêcher que la loi confirme le droit des réseaux télévisés d'interrompre avec spot publicitaires les films en diffusion. 1992 il dirige une spot publicitaire (pour Banca Roma) et il continue à diriger les bandes dessinées « Il viaggio di G. Mastorna » avec le dessinateur Milo Manara, le travail est publié sur le mensuel (il Grifo). En mars 1993, Federico Fellini se rend à Los Angeles, accompagné Sophia Loren et Marcello Mastroianni avec Giulietta Masina qui était entre les spectateurs pour recevoir le cinquième Oscar. Federico Fellini (Il Maestro), meurt le 31 Octobre à Rome dans l’hôpital policlinique. Réalisant 24 films, de 1950 à 1990


Le maître Kubrick

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Né le 26 juillet 1928 Stanley Kubrick au sein d'une famille juive new-yorkaise de la classe moyenne. Le père, un amateur de photographie contamine son fils par sa passion en lui offrant pour son treizième anniversaire un appareil photo alors que ce petit enfant du Bronx rêve de devenir batteur de jazz. Il s’impose au début comme le photographe officiel de son collège, avant d’être engagé à 17 ans par le magazine Look, et en devient le plus jeune photographe reporter, Il y réalise un essai photographique sur le boxeur Walter Cartier. Il apprend la composition d'une image, les éclairages, l'usage des extérieurs, l'art de saisir le mouvement, à 21 ans il réalise son premier court-métrage documentaire, "Day of the Fight" (1950), sur le même boxeur Walter Cartier, puis " Flying Padre "(1951) et The Seafarers en 1953. Dans ces trois films, Kubrick fit tout lui-même : il fut scénariste, réalisateur, cameraman, ingénieur du son et monteur. Avec cette initiation générale à l'art et ces deux succès mineurs (Il réussit à vendre ces films à RKO Pathé et à rentrer dans ses frais), il démissionne de Look afin de se vouer à plein temps à la réalisation cinématographique. 
En 1952, il demande à un de ses amis poètes, Howard Sackler, d'écrire un scénario de fiction, "Fear and Desire", centré sur la guerre, et commença à collecter des fonds avec l’aide de son oncle qui a financé la plus grande partie de ce film. Il s'attelle en 1953 à son premier long-métrage, Fear and Desire,  qu'il retire plus tard de la distribution le trouvant trop présomptueux et immature. En 1955, le Baiser du tueur (Killer's Kiss), son second long-métrage, démontre le talent de Stanley Kubrick pour la photographie. Il y prouve ses capacités à jouer avec l'ombre et la lumière. Ce film raconte l'histoire d'un boxeur minable obligé de fuir la mafia. C'est ainsi qu'il attire l'attention de James Harris, producteur indépendant. Ensemble ils fondent la Harris Kubrick Pictures. De leur collaboration naît le troisième film de Kubrick : l'Ultime Razzia (The Killing, 1956), un film noir de braquage comme il en existait beaucoup à l'époque. A cette époque les réalisateurs indépendants étaient rares, ce qui lui vaut d'être remarqué par Kirk Douglas, qui lui propose de réaliser Les Sentiers de la gloire 1957 (Paths of Glory), oeuvre sombre et subversive qui prend pour cadre les tranchées de la première guerre mondiale, et pour sujet l'exécution de trois soldats français, fusillés à titre d'exemple, parce que leurs compagnies ont battu en retraite, ne pouvant s'emparer d'une position ennemie. Considéré comme le premier film majeur du cinéaste, il stigmatise le mépris pour la vie humaine d'une hiérarchie militaire dévoyée, et ne sortira en France qu'en 1975, non parce qu'il fut officiellement interdit, mais parce qu'il fut même jugé inutile de le présenter à la censure. Pendant le tournage des Sentiers de la gloire, il tombe amoureux de l'actrice et peintre allemand Christiane Harlan. Il l'épouse et en aura deux filles.

Kirk Douglas invite Kubrick à reprendre la réalisation de "Spartacus" (confiée à l'origine à Anthony Mann). Le film, s'il n'a pu être contrôlé de bout en bout par son réalisateur, confère néanmoins à ce dernier une renommée internationale. Ce sera la seule production entièrement hollywoodienne à laquelle Kubrick participera, et aussi son premier succès au box-office.

En 1961 Kubrick s'exile, et quitte les États-Unis pour l'Angleterre, en 1962 il réalise Lolita d'après le sulfureux roman de Vladimir Nabokov, qui l'aide à écrire le scénario. James Mason y campe un homme pris d'une passion ardente pour une adolescente. Le film, tout comme le roman, provoque la foudre des puritains. Le schéma d'accueil du film par la critique reste le même par la suite. Une partie d'entre eux ne lui fait jamais de cadeau tandis que l'autre l'admire. Le comédien Peter Sellers y fait une interprétation remarquée. C'est ainsi qu'en 1963 , le réalisateur et l'acteur travaillent de nouveau ensemble sur Docteur Folamour (Dr. Strangelove or: How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb), d'abord tragique, et qui, après quelques modifications, devient une satire très drôle sur la terreur nucléaire et sur l'attitude des deux superpuissances, protagonistes de la guerre froide. Le film est un très grand succès mondial, et il rapporte suffisamment à Kubrick pour lui permettre de créer sa propre maison de production et pouvoir enfin contrôler le déroulement complet de la création d'un film, un luxe que très peu de réalisateurs peuvent se permettre.

À partir de cette époque, Kubrick travaille de plus en plus lentement, poussant de plus en plus loin son perfectionnisme et sa volonté d'expérimentation technique. Viennent alors des œuvres rigoureuses et intelligentes dont 2001, l’odyssée de l’espace (2001, a space odyssey) adapté de la nouvelle d'Arthur C. Clarke "La Sentinelle", qui, par sa beauté plastique et sa mise en scène, marque un tournant dans le cinéma mondial et en particulier dans le genre de la science-fiction. Ce film aura une influence majeure sur George Lucas (Star Wars) ou Ridley Scott (Blade Runner). Tous revendiquent désormais l'héritage de Kubrick. Le film est un énorme succès et renfloue les caisses de Kubrick.

1972 fut l’année orange mécanique (A Clockwork Orange) qui aborde le délicat problème du conditionnement et du lavage de cerveau. Film tiré d'un roman d'Anthony Burgess. La description de l'ultra violence qu'il contient et la gêne qui découle du visionnage du film (c'est d'ailleurs ainsi pour la plupart des films de Kubrick) font que des meurtriers déclarent s'inspirer du personnage principal du film, joué par Malcom Mac Dowell. Inquiété par les lettres de menaces qu'il reçoit alors, Kubrick oblige le studio Warner à retirer le film des écrans du Royaume-uni (où il s'était installé).

La réalisation de "Barry Lyndon" 1975 est un tour de force esthétique, dans lequel, notamment, Kubrick filme toutes les scènes en intérieur nuit à la seule lumière des bougies grâce à un nouveau type d'objectif, dérivé d'une optique commandée par la NASA. Le film, adapté d'un roman de William Thackeray,  connaît un échec commercial. Kubrick cesse de tourner durant cinq ans, et ne donne plus signe de vie.1980, Stanley Kubrick,  surprend en réalisant The Shining l’adaptation du livre de Stephen King, avec un Jack Nicholson halluciné, marque sa première et magistrale incursion dans le film fantastique à tendance horrifique, et clôt cette période. Une nouvelle fois, il s'y démarque par l'utilisation novatrice de la steadycam.

En 1987, il adapte un texte de Gustav Hasford sur la guerre du Vietnam, Full Metal Jacket, pour lequel il reconstitue le Viêt-nam en plein coeur de Londres, dans une usine désaffectée. Le sujet du film (la déshumanisation des soldats au combat) n'est pas nouveau mais est traité avec une vigueur et une efficacité redoutable.

Il attend plus de onze ans pour réaliser son dernier film "Eyes Wide Shut", encore un film à controverse, mais dont il a à peine le temps de finir le montage.

Le 7 mars 1999, Stanley Kubrick décède chez lui à Hertfordshire dans la banlieue de Londres. Son dernier film ne sortira que six mois plus tard, et devra se passer de ses commentaires.
 

 

Friday, October 06, 2006

La Naissance

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La naissance du septième art

En 1890, Thomas Edison invente le Kinetograph, le premier appareil de prise de vues de l'histoire du cinéma . Un ans après, encor le même Edison, l'homme le plus important de l'histoire des états unis, met au point le kinétoscope; un appareil qui permet de visionner un film à déroulement continu qu'on peut l'observer en se penchant au dessus de cet appareil. Le kinétoscope d'Edison fut l'origine de l'invention d'une camera par les frères Lumière, après des améliorations et un travaille remarquable de Léon Guillaume Bouilly l'inventeur du terme cinématographe; une camera capable d'agrandir l'image permettant à plusieurs personnes de voir le film sur un écran.

le 28 septembre 1895 eu lieu la première projection publique du Cinématographe par les frères Lumière, qui réalisent trois mois plus tard le 28 décembre 1895 une projection historique qui reste gravé dans la mémoire du cinéma: 10 vues animées d'une minute chacune parmi lesquelles une sorte d'usine,une baignade en mer,le repas de bébé... et l'arrivée du train en gare de la Ciotat qui provoqua chez les spectateurs une intense émotion, roulant droit sur eux, causa une grande frayeur à un public non averti. Un grand George Méliès y assistait en tant que simple spectateur, qui se lance rapidement dans la réalisation.

De 1896 à 1914, George Méliès réalise près de six cents « voyages à travers l'impossible », autant de petits films enchanteurs, mystérieux, naïfs, à la beauté poétique. Il est connu pour les développements qu'il apporta aux techniques du cinéma, essentiellement dans le domaine du scénario et des trucages (bien avant qu'on ne les rebaptise effet spéciaux). Il est le père alors des effets spéciaux, le premier réalisateur et le créateur du premier Studio de cinéma.

Les premiers pas

les premières années fussent celles de l’industrialisation , les frères Lumière ne croient pas que leur invention puisse être autre chose qu’une curiosité scientifique et continuent de projeter les mêmes films (les représentations cinématographiques sont d'abord effectués par des opérateurs Lumière). Gaumont et Pathé, de leur côté, affichent les mêmes petites scènes de la vie courante dont le public commence à se laser.

Pendant ce temps là, George Méliès a su démontrer que le cinéma pouvait aussi être un spectacle à part entière. La société de Méliès, la Star Film, produit et diffuse ses films dans le monde entier. Il exercera ses talents dans des domaines variés, inventant au fur et à mesure. Il peint dans ses ateliers des décors extraordinaires et invente les premiers truquages strictement cinématographiques.

Très vite la concurrence s’est installée, en Angleterre, en Allemagne, aux Etats-Unis… Le métier de spectateur s’est appris peu à peu, le métier de réalisateur aussi a du se créer sur le tas (il s’agissait d’inventer un langage spécifique, propre à se faire comprendre de tous). Désormais le cinéma raconte des histoires après l’intégration des auteurs dramatiques afin d’écrire des histoires plus dignes d’intérêt que celles qui ne dépassent jamais les 15 mn , les films deviennent de plus en plus longs et les genres se diversifient. . Les films à truquage et les féeries de Méliès ont passés de mode (il va tomber dans l’oubli et finira sa vie dans la misère).

Le terme de film d’Art fait son apparition et inspirera un renouveau du cinéma:

En 1908 le scénario de L’assassinat du duc de Guise (tourné par Calmettes et Le Bargy) est écrit par un académicien. L’interprétation est confiée à des sociétaires de la Comédie Française qui interprètent leurs rôles avec une grande sobriété et la partition musicale est confiée à Camille Saint Saens. C’est un véritable événement culturel et le film, pourtant filmé selon une technique déjà vieille de 10 ans en une succession de tableaux vivants, est salué dans le monde entier comme un chef d’œuvre (le cinéma gravit ainsi un échelon dans l’échelle sociale et les gens bien purent aller au cinéma sans déchoir).

L’élan est donné, un nouvel âge commence, désormais le public n’est plus composé seulement des spectateurs du faubourg mais aussi d’une assistance distinguée pour laquelle on va construire de véritables temples du cinéma avec cafés, restaurants, galeries d’art et salles de jeux… Ainsi à partir des années 10, l’industrie du cinéma évolua, les studios produisaient de meilleur films, plus longs, plus diversifiés et dans lesquels jouaient des acteurs de renom. 1915 Griffith réalise le premier long métrage de l’histoire du cinéma La Naissance d'une nation (The Birth Of a Nation) fait sensation par sa durée, et scandale par son thème. Ce long métrage fut un grand succès populaire, il rapporta 15 millions de dollars marquant la naissance du cinéma moderne.

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Le commencement


En 1914, la guerre éclate sur le vieux continent, et, comme beaucoup d'autres hommes, de nombreux acteurs sont mobilisés. La production cinématographique européenne est alors presque totalement interrompue, et lorsque le public se réfugie dans les salles obscures pour tenter d'oublier les horreurs du front, il se retrouve nez à nez avec Charlie Chaplin qui a pu harmoniser la farce comique issue du théâtre, et du music-hall, et le sensible, ce souffle du monde (la route, l’anonyme, la faim, le désir, l’aléatoire) . Il apparaît très vite sous les traits du personnage mondialement célèbre de Charlot dans un premier film "Charlot est content de lui" de Henry Lehmann 1914.

Aout 1914 quant l'europe s'est trouvé devant le 1er conflit mondial qui va rompre la prospérité artistique et économique et remet en cause la suprématie du cinéma français, les studios hollywoodiens vont, par leur organisation et leur rayonnement, s'imposer comme le temple du septième art et, grâce à l’interruption de la production européenne durant la guerre, ils exporteront de nombreux films, notamment les mises en scène burlesques qui assureront leur triomphe planétaire. Sur le vieux continent, le cinéma évolue différemment selon les pays : l’expressionnisme voit le jour en Allemagne. Le mouvement qui affirmait un art paroxystique et révolté. l’Allemagne humilié par la défaite de la Première guerre mondiale, politiquement déçu, en proie à une inflation galopante, qui avait perdu ses repères, l'Allemagne qui a du mal à se remettre de sa défaite, sombre dans la misère produit de l'angoisse et du repli . Après Les mystères de Berlin, qui anime les écrans durant la guerre, le public découvre Le cabinet du Dr Caligari, signé par Robert Wiene et Carl Mayer, mais l’expressionnisme en cinéma tire ces origines de « L'étudiant de Prague » réalisé en 1913 par le danois Stellan Dye, un film que l'on considère aujourd'hui comme le premier film expressionniste.

La France se verra influencée par l’expressionnisme allemand dans le réalisme poétique des années 1930, et en particulier le cinéma de Marcel Carné et de Pierre Prévert dans des films tels que Quai des brumes en 1938 ou encore Le jour se lève en 1939 de leur côté, les Etats-Unis seront « atteints » dans leurs films noirs. Tout d’abord dans les années 1940 avec le Faucon maltais de John Huston en 1941 ou encore le Grand Sommeil de Howard Hawks en 1946. John Ford ( Sean O’Feeney 1895-1973) signera même une œuvre d'inspiration expressionniste, le Mouchard en 1935. Alfred Hitchcock (1899-1980) ainsi qu’Orson Welles (1915-1985) verront leurs œuvres influencées, en particulier ce dernier réalisateur qui s’inspirera de l'éclairage expressionniste, si particulier, et l’utilisera pour une grande partie de son oeuvre, de Citizen Kane en 1941 à Falstaff en 1966. Encore aujourd'hui, on peut observer que cette influence se répercute chez des réalisateurs comme Tim Burton (1959).

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Au moment ou l’Allemagne baigne dans une sombre atmosphère, en France, il montre un visage plus enthousiaste, « l’impressionnisme » Ce terme, qui n'a qu'un très lointain rapport avec l'impressionnisme pictural, se déclare comme un grand mouvement français réunissant des cinéastes qui ont pu marquer l’histoire du cinéma comme Abel Gance (le réalisateur vedette de son époque en 1923 il dévoile « La roue » dans lequel apparaît nettement le soin apporté au travail de l'image. Le montage, court et paroxystique, ce film impressionne le monde entier, tout comme Napoléon, présenté en 1927, qui fut le plus grand succès français), Grémillon , Jean Vigo, Germaine Dulac qui réalise en 1927 « La coquille et le clergyman ». l’impressionnisme s’oppose un peu mécaniquement à l’expressionnisme , il cherche le maximum de mouvement on prend l’exemple d’une scène de bal, l’impressionnisme ne va pas cherche ici ni à définir le sentiment d'une communauté (conception organique de Griffith ou de Ford) ni une dialectique (Eisenstein), mais la danse.